Resto bar Sakura Mango : deux dans un!
Le style lounge — fauteuils en cuir et mobilier chocolat, mosaïque orange brûlé, etc. — s’impose par son caractère chaleureux. Un bar à sushi sert de division physique (et psychologique) entre les deux vocations de l’établissement. Le Soleil, Steve Deschênes
C’est un tour de force que l’équipe du Sakura Mango a réussi en ouvrant un resto-bar qui a de l’âme dans le secteur «bétonné» des magasins-entrepôts du quartier Lebourgneuf. À ce point réussi comme exploit qu’on oublie illico que les baies vitrées de ce restaurant eurasien s’ouvrent sur une terrasse… dans un stationnement!
J’avoue que je craignais de me retrouver dans un espace vaste et impersonnel, populaire à l’heure du lunch, mais désert le soir venu. Erreur! À l’avant, le style lounge — fauteuils en cuir et mobilier chocolat, mosaïque orange brûlé, etc. — s’impose par son caractère chaleureux. Un bar à sushi (la table froide pour la découpe des poissons) sert de division physique (et psychologique) entre les deux vocations de l’établissement. Car au Sakura Mango, on mange du «cru», mais aussi des créations comme le blanc de volaille au prosciutto et cheddar Perron, des grillades, dont le bloc de thon, des tatakis et des tapas. Dès l’apéro, on sait qu’on sera entre bonnes mains. Notre serveur Daniel-Guy pétille d’enthousiasme. C’est un gourmand! Les mots justes et appétissants, il nous suggère vivement les tapas (trois variétés pour l’équivalent d’une entrée). Si je tiens mordicus au tartare de saumon (portion entrée), mon invitée penche pour l’option des petites bouchées, celles-ci fort bien dressées par le chef Denis Courcy. Notre préférée est la fondue au parmesan revisitée avec, comme substitut plus sapide, du gorgonzola, un bleu crémeux. Je note aussi sa présentation stylisée dans une verrine remplie à demi de semoule. L’autre coup de cœur, je le décerne au satay de volaille (petite brochette) escortée d’une compote de figues au porto. Ce chutney caramélisé épouse avec complicité la cause de la volaille. Les calmars frits obtiennent, eux aussi, une mention pour leur absence de résistance sous la dent. Une rareté.
L’attrait de mon tartare réside dans le tempura (le «croustillant» dans les makis) que le chef sushi, Jason Vlachost (anciennement du Ginger), intègre au hachis de poisson. En gros morceaux goûteux, ce dernier se rehausse d’un sirop de gingembre «pimenté» d’une pointe de poivre de Cayenne. Un vrai feu d’artifice en bouche! J’applaudis. Au lieu des frites, j’ai droit à des chips de taro, nettement plus fines. Mon amie a décidé d’enchaîner avec deux entrées en guise de résistance. La première, un tartare de bœuf (au couteau), se permet des libertés qui déconcerteront les amateurs «dogmatiques». Au lieu d’une mayonnaise moutardée, le liant s’avère une mayo rosée enrichie d’herbes fraîches où le thym imprime le plus sa marque. C’est «fleuri» en bouche, plus léger qu’un tartare carné classique.
Le tataki de butterfish aurait été plus fondant s’il avait été servi après la saisie du poisson, c’est-à-dire tiède, plutôt que refroidi. Par contre, les arômes «fumés» de la marinade au soya sont d’un exotisme à propos. Notre hôte m’avait prévenue : la salade Sakura Mango figure dans la catégorie «évitez l’entrée pour ne rien gaspiller!». Combinant sept gambas délicatement panées, des won tong (plutôt deux carrés de pâte frite dépourvus de farce que j’éliminerai), c’est un copieux monticule de laitues, de maïs nains, de lanières de mangue confite et de gingembre mariné touillé avec une vinaigrette à l’huile de sésame. C’est festif et bon comme le Mont Blanc, un gâteau à l’avocat glacé d’une ganache au chocolat blanc inoubliable…
Stéphanie Bois-Houde,Le Soleil
Collaboration spéciale
Québec
Le vendredi 04 juillet 2008
Chargement... 
